L'ONU :
UN CLUB IMPERIALISTE.
Quand
le mastodonte de guerre US a commencé à se mettre en place, la
clameur est montée des politiciens et des médias du monde entier :
Bush ne devait pas mener les USA seuls à la guerre, mais "devait
passer par l'ONU". Ce qu'il a fait. Cela a été décrit par
beaucoup comme le signe que les dirigeants US restaient toujours
"un peu raisonnables" et qu'ils "savaient encore
comment accepter un compromis" ... et en tout cas, qu'au
moins la guerre avait été remise à plus tard et qu'il y avait
peut-être encore un soupçon (vacillant...) d'espoir pour que les
Nations Unies réussissent d'une façon ou d'une autre à empêcher
le gang de Bush de franchir le pas. Y-a-t-il un zeste de vérité
dans tout ça '
Même
une capitulation des plus abjectes du régime de Saddam ne serait
pas suffisante pour l'arrêter. En un mot. Que le Conseil de Sécurité
de l'ONU finisse ou non par émettre une résolution approuvant
spécifiquement une guerre dirigée par les US, son rôle diffère
de façon importante de celui qu'il a joué lors de la Guerre du
Golfe en 1991. Les impérialistes US ont réussi à réduire l'ONU
de forum où ils avaient un rôle prééminent dans les rangs
des puissances impérialistes, mais où subsistait un degré substantiel
de négociation et de compromis, à une institution dans
laquelle quiconque fait ce que les US dictent, à défaut de quoi
il est marginalisé par le pouvoir américain - en langage Bushien :
"devient inexistant ". Réaliser cette sorte d'ajustement
des relations américaines avec les institutions internationales
est une partie importante des efforts du gang des Bushiens pour
réaliser leur rêve d'institutionnalisation et de perpétuation
de l'hégémonie américaine mondiale. Même cette hégémonie [américaine]
sans égale ne signifie pas qu'ils [que les Américains] peuvent
se passer complètement d'associés mineurs. Les organisations internationales,
de l'ONU à l'OTAN, cours internationales et autres, obtiendront
l'appui des Etats-Unis, mais seulement dans la mesure où cela
reste entièrement compatible avec les intérêts impérialistes US.
Très
important aussi, Bush et Blair peuvent bien agiter leurs lettres
de créance démocratiques, il est bien connu de tous que si on
faisait voter le monde entier aujourd'hui pour savoir si la guerre
contre l'Irak est juste et nécessaire, le résultat serait un "non"
écrasant. Ce serait aussi vrai individuellement dans presque tous
les pays. Pourtant, les US et les impérialistes britanniques
vont passer outre, pleinement conscients qu'ils en sortiront
les mains couvertes du sang des innocents. Dans ce contexte, passer
par l'ONU était [une combine] un stratagème conçu[e] pour saper
l'opposition et calmer les foules, particulièrement aux US et
en Europe, en les convainquant que si on fait effectivement la
guerre, ce sera différent d'une guerre pour le pétrole et l'empire.
L'ONU déguise les lois et intérêts de classe impérialistes de
façon presque identique aux parlements nationaux, que Lénine décrivait
comme "des salons de parlotes", conçus pour endormir
les masses jusqu'à la passivité et dissimuler les intérêts impérialistes
bruts dans un brouillard de jeu de mots stériles et dépourvus
de sens.
Les
autres pays impérialistes ont traîné les pieds, chicané avec les
US, pas vraiment pour décider de faire ou de ne pas faire cette
guerre, mais pour décider du quand et du comment (comme un fonctionnaire
français l'a confié à un journaliste du "Washington Post")
et, surtout, décider qui aura quoi quand le combat sera terminé.
Deux mois de querelles diplomatiques souvent obscures à l'ONU
et particulièrement dans les coulisses ont engendré une résolution
qui en dit long sur toutes les puissances.
La
résolution représente un compromis entre les US et la coalition
menée par la France au sein de l'ONU, mais pas de compromis du
tout avec l'Irak. Ce pays est condamné s'il obtempère et condamné
s'il n'obtempère pas. En raccourci [bref], l'Irak est sommé d'abandonner
sa souveraineté nationale, comme s'il avait déjà été totalement
vaincu par la guerre et n'avait plus aucun des droits propres
à une nation indépendante. En retour l'Irak n'obtiendra rien,
même pas la promesse de la levée des sanctions économiques en
cas de soumission totale. Si l'Irak refuse d'accepter ces conditions,
Bush aura l'excuse dont il a besoin. Même si l'Irak accepte ces
conditions, cela ne changera rien. Les US ont déjà annoncé que
si les inspecteurs ne trouvent rien, cela prouvera seulement que
Saddam Hussein cache quelque chose!
Parmi
les exigences dignes du gangstérisme les plus flagrantes dans
cette résolution, il y a le droit pour les inspecteurs d'effectuer
des raids surprise n'importe où, y compris dans les mosquées et
les résidences de Saddam Hussein, jusqu'ici considérées comme
privées par consensus de l'ONU. Jusqu'à récemment, la France a
soutenu que le seul but d'une telle clause était de proposer à
l'Irak une demande inacceptable. Ces intrusions ne sont pas destinées
à trouver un quelconque complexe de production d'armes nucléaires
ou d'armes chimiques caché dans un meuble ou sous un lit, mais
peuvent se révéler très utiles pour charger des coordonnées précises
dans un missile de croisière meurtrier.
La
résolution ordonne aussi à l'Irak de permettre aux inspecteurs
de l'ONU de " faciliter" l'expatriation de qui ils veulent,
familles comprises, pour des " interviews", censées
révéler des systèmes d'armes irakiens. Le mot "faciliter"
est une des rares concessions faites par les US aux sensibilités
internationales, puisque le projet américain original autorisait
les inspecteurs à être armés et leur permettait littéralement
de kidnapper les Irakiens sous la menace, de les traîner à l'étranger
avec leurs familles, qu'ils soient d'accord ou pas. Même si les
gens empoignés par les inspecteurs d'ONU semblent consentants,
quelle liberté reste-t-il quand le choix est entre vous livrer
maintenant vous-même et votre famille aux mains des US ou risquer,
si vous refusez l'offre, que les Américains vous tuent vous et
votre famille quand ils envahiront le pays' Ce ne sera pas une
surprise si Bush obtient ce qu'il veut de ces interviews.
Il
faut être clair au sujet de ces inspections. Ce n'est pas Saddam
qui y a mis fin. C'est l'ONU elle-même qui a retiré ses personnels
pour leur sécurité propre en 1998, quelques heures avant les bombardements
US/UK. En fait, selon l'ancien inspecteur principal de l'armement
Scott Ritter, les inspecteurs ont aidé à fournir des coordonnées
de localisation pour ces raids. À ce moment-là, selon Ritter,
les équipes étrangères avaient déjà vérifié la destruction, ou
avaient eux-mêmes détruit, presque toutes les armes dont l'ONU
s'était plainte. De toutes façons, le président Clinton a déchainé
à nouveau l'enfer des larguages de bombes sur l'Irak.
La
grande bataille diplomatique onusienne menée par la France pour
empêcher le Conseil de Sécurité d'être utilisé comme un tampon
d'affranchissement des ambitions américaines s'est terminé honteusement
sous la forme d'une ribambelle de virgules et autres petits changements
ridicules. La version approuvée à l'unanimité conserve la formulation
selon laquelle l'Irak est maintenant "en infraction prouvée
de ses obligations", ce que Bush proclame depuis longtemps
comme étant un feu vert suffisant pour que les US attaquent. Mais
les deux parties y ont mis un peu d'une ambiguïté bien utile.
Dans une annonce marquée par un cynisme sans limite, le président
français Jacques Chirac s'est targué de ce que la France avait
gagné l'essence même des demandes qu'elle avait faite aux US :
"la France n'a jamais eu qu'un seul but dans cette négociation :
qu'une chance soit donnée à l'Irak de désarmer dans la paix."
La France peut prétendre qu'elle a sauvé l'honneur parce que la
résolution n'autorise pas explicitement les US à déclencher automatiquement
l'Armageddon dès que les inspecteurs auront remis leur rapport
mais appelle à de nouvelles discussions au sein de l'ONU. Dans
le même temps, Bush fait remarquer que les 15 membres du Conseil
de Sécurité ont consenti à ne pas insérer une phrase quelconque
qui empêcherait les US de foncer à n'importe quel moment de leur
choix. Cette entente criminelle n'empêche pas non plus la France
de refaire ce qu'elle a fait quand la diplomatie a échoué dans
la protection de ses intérêts dans la première Guerre de Golfe
' se joindre à la guerre, que l'Irak désarme ou non.
C'est
ça, la diplomatie de haut vol.
Même
la Syrie, état arabe isolé au Conseil de Sécurité, a suivi de
façon inattendue la meute [la vague]. Un fonctionnaire américain
senior anonyme, à qui on demandait qui avait marchandé
avec les Syriens et ce qui leur avait été dit, a répondu :
"Je pense que la Syrie a en fin de compte bien réalisé où
était son intérêt dans cette affaire." L'ambassadeur US à
l'ONU, John Negroponte, sans aucun doute chargé de faire "entendre
raison" à la Syrie, a été le responsable des attaques semant
la terreur et des séances de torture sur des civils au Nicaragua,
lancées depuis la frontière du Honduras pendant la guerre "Anti"
menée par Reagan contre le gouvernement Sandiniste. (Ceux qui
ont vu le film "La chanson de Carlo" et se rappellent
l'instituteur qui a été mutilé et a eu la langue coupée par les
Antis connaissent ses oeuvres.) la Syrie est peut être sur le
point de devenir le voisin d'un Irak occupé par les américains.
Negroponte sait comment être persuasif.
Les raisons
de l'opposition de la France aux US sont [limpides] claires comme
de l'eau de roche. Elles n'ont rien à voir avec le droit international
et le respect de l'ONU, deux choses que la France a dans le passé
superbement défié quand il s'agissait de ses propres intérêts
coloniaux. Une fois exclue de la mane pétrolière du Golfe par
les compagnies pétrolières US, UK et hollandaises, la France a
été très tôt un supporter [partisan] de Saddam Hussein. On a pu
dire qu'en termes d'édification de leurs ancrages géostratégiques
respectifs pour l'influence impérialiste au Moyen-Orient, Saddam
était à la France ce que le Shah d'Iran était aux US. Chaque puissance
a créé son régime "propre" contre l'autre ; savoir
qui était le maître de Saddam était devenu une question compliquée.
La France a permis à l'Irak de construire un réacteur nucléaire,
détruit par Israël par un bombardement en 1981, avec très certainement
le feu vert des US. En échange du pétrole irakien, la France a
expédié vers l'Irak beaucoup des armes modernes utilisées contre
l'Iran dans la guerre de1980-1988.
Les US,
aussi, ont encouragé et armé Saddam lors de cette guerre puis
se sont assurés qu'aucun des deux côtés ne puisse gagner. En 1991,
quand les US ont envahi l'Irak, la France a d'abord protesté,
mais a par la suite envoyé 10,000 hommes de troupe avec des chars
d'assault et des avions de combat pour se battre en tant que partie
prenante dans la coalition dirigée par les US. La France ne pouvait
pas se permettre de rester à l'écart et de n'avoir aucun atout
de marchandage à mettre sur la table. Puis, après la guerre, la
France a de nouveau essayé de renouer ses relations avec Saddam,
s'opposant aux US à propos des sanctions commerciales, réouvrant
son ambassade à Bagdad en 1998 et condamnant l'escalade US/UK
dans les attaques aériennes de la fin de cette année.
De toute évidence, la France
préfère le statu quo en Irak aux perspectives d'avenir que Bush
a en tête. Mais elle sait aussi qu'elle ne peut pas s'opposer
aux US. La diplomatie, en fin de compte, c'est seulement une façon
d'obtenir ce qui pourrait être obtenu par les armes, et la France,
pour le moment, n'a pas les armes nécessaires. Un "fonctionnaire
français senior" anonyme a dit à un journaliste, "Dans
un sens, nous sommes piégés... Nous devons choisir notre camp.
En fin de compte nous seront volontaires pour nous réengager en
Irak. Nous y avons une relation stratégique. Nous y avons un
marché." L'ancien directeur de la C.I.A. James Woolsey l'a
expliqué ainsi: "C'est assez limpide. La France et la Russie
ont des compagnies pétrolières et des intérêts en Irak. On devrait
leur dire que s'ils aident à faire évoluer l'Irak vers un gouvernement
convenable, nous ferons du mieux que nous pourrons pour que le
nouveau gouvernement et les compagnies américaines travaillent
étroitement avec elles. S'ils se compromettent trop avec Saddam,
ce sera difficile voire impossible de persuader le nouveau gouvernement
irakien de travailler avec eux."
En
même temps qu'elle se plie à l'inévitable par une répétition apparente
de son rôle dans la Guerre du Golfe de1991, la France augmente
parallèlement de façon démentielle ses dépenses pour être le deuxième
derrière les US en matière de "projection de forces"
outre-mer, y compris la construction d'un deuxième porte-avions
nucléaire. À la veille du vote à l'ONU, le gouvernement Bush a
laissé filtrer un rapport sur le programme actuel de guerre biologique
d'envergure internationale de la France. Vrai ou pas (et pourquoi
pas, puisque les US ont le même), cela valait avertissement :
nul n'est à l'abri d'être Saddamisé par l'Amérique.
La
Russie est dans la même barque. La France n'a pas autant besoin
des 5 milliards de $ que lui doit l'Irak que la Russie qui attend
de son côté les quelques 8 milliards de $ qu'on lui doit. Lukoil,
la compagnie pétrolière principale de Russie (une entreprise privée,
mais aussi sûrement liée au gouvernement que les géants pétroliers
américains), à conclu des accords importants pour le pétrole irakien
en 1997. La société a récemment annoncé que le gouvernement de
Poutine lui a donné des "garanties" sur le fait qu'elle
aura accès au pétrole irakien dans l'avenir. De plus, parce que
la Russie a été exclue de l'exploitation du Tiers-Monde depuis
la chute de l'URSS, l'Irak a pris une importance plus grande encore
dans les plans de Poutine.
L'Allemagne
aussi mérite un mot, puisqu'elle a été si honteusement calomniée-
traitée de pacifiste par les Bushiens. En tant que perdant de
la Deuxième Guerre mondiale particulièrement anxieux de revenir
dans le jeu pétrolier, l'Allemagne a pratiqué un vaste commerce
tant avec l'Iran qu'avec Irak. À nouveau, le pétrole explique
bien des choses en matière de politique étrangère. Mais l'opposition
de l'Allemagne à Bush a été énormément exagérée. Le Chancelier
allemand Gerhard Schroeder avait apparemment à formuler son opposition
à la guerre à venir pour gagner l'élection, mais cela semble de
la vieille histoire. Son Ministre des Affaires Etrangères ex-radical
du Parti Vert, Joshka Fischer, a essayé de calmer la discussion
US-Allemagne en disant que, "Parfois il faut accepter les
différences dans la famille." Schroeder et Fischer ont changé
à 180 degrés la politique allemande annoncée précédemment en disant
que le petit contingent de troupes et les chars allemands resteraient
au Koweït même si les US l'utilisaient comme base militaire pour
la guerre. L'Allemagne et les Pays-Bas ont aussi consenti à prendre
la direction et un peu du fardeau de l'occupation de l'Afghanistan
par les US afin de libérer des ressources américaines dans le
Golfe. Plus important encore, même au plus vif de l'échange public
de mots, quand le Ministre de la Justice de Schroeder a été débarqué
[viré] pour avoir comparé Bush à Hitler, le gouvernement allemand
a fourni l'assurance absolue qu'il n'enpêcherait pas l'utilisation
de sa base militaire à Heidelberg en Allemagne par les américains.
Heidelberg est le quartier général des forces US actuellement
au Koweït et un élément clef dans les plans de guerre américains.
Malgré cela, Bush a été si offensé par cette opposition molle
qu'un conseiller du Pentagone senior a dit que l'Allemagne
pouvait faire une croix sur un siège au Conseil de Sécurité de
l'ONU pour quelques décennies [la prochaine génération] et a appelé
à un "changement de régime" à Berlin.
La
Chine est un cas spécial dans tout ça. Une nouvelle classe dirigeante
capitaliste s'est emparé du pouvoir par un coup d'état après la
mort de Mao. La Chine est devenue de plus en plus la proie des
déprédations impérialistes et dépendante des capitaux étrangers.
Elle a quelque peu l'ambition de devenir un pays impérialiste
capitaliste monopolistique et cherche à combiner la servilité
à l'impérialisme avec la répression régionale sur le modèle de
l'Inde. On a donné un siège à la Chine dans le club des vainqueurs
(le Conseil de Sécurité) après la Deuxième Guerre mondiale, mais
ce siège n'avait jamais été prévu pour un pays socialiste. Les
US ont entretenu la fiction que le Taiwan de Chiang Kai-shek était
le gouvernement légitime en Chine jusqu'au moment où, dans la
Guerre froide, Nixon a essayé d'enrôler la Chine dans l'alliance
contre l'URSS.
Dès
le début des négociations à l'ONU, l'opposition de la Chine a
été très faible. Les fonctionnaires américains ont dit officieusement
aux journalistes que la Chine ne serait pas un obstacle. Des compagnies
pétrolières chinoises, maintenant actives dans les investissements
à l'étranger, sont bien parties prenantes dans les accords pour
le pétrole irakien, mais la Chine n'a jamais eu aucune intention
de s'opposer aux US. Une des conséquences du capitalisme en Chine
a été le passage de l'autosuffisance pétrolière (nécessaire quand
un pays veut rester indépendant de l'impérialisme) à une dépendance
croissante des importations pétrolières. De concert est apparue
une vulnérabilité militaire croissante par rapport aux US; ils
suffirait seulement à ces derniers de bloquer les voies de navigation
maritimes de la Chine, sans même attaquer le continent, pour mettre
les nouveaux dirigeants de la Chine à genoux. (Ou, plus grossièrement
- si Blair est le caniche de Bush, Jiang Zimen est son toutou
[de compagnie], souriant aux caméras dans le ranch de Bush, alors
qu'au moins, la plupart des autres hommes d'état jappent leur
défi aux talons de Bush.) Quel changement par rapport au temps
de Mao, quand la Chine socialiste constituait un rempart dans
la lutte mondiale contre l'impérialisme, soutenant avec enthousiasme
et à grands frais pour la Chine elle-même, ici les vietnamiens
contre les US, là les Palestiniens et autres peuples du Moyen-Orient.
Et bien d'autres peuples ailleurs.
Ce
que les classes dirigeantes de ces pays et d'autres ont en commun
n'est pas du tout du respect pour Saddam Hussein ou une once de
souci pour le peuple de l'Irak, ou même une opposition réelle
dans le but de mettre fin au régime de Saddam, mais leur propre
soif de pétrole et d'exploitation, et la crainte d'être évincés
du pillage du Moyen-Orient et du monde.