UN MONDE A GAGNER
 
 

A propos de gaz et de bombes nucléaires : mensonges anglo-américains

Il est nécessaire de revenir ici sur certains prétextes mis de lavant par le tandem Bush-Blair pour faire cette guerre, non seulement parce que certaines personnes confuses se sont laissé berner, mais aussi parce quils éclairent certaines expériences du passé et le côté criminel de cet « axe du mal » américain. Enfin, ils nous aident à mieux comprendre ce quils font aujourdhui.

Tony Blair semble être le seul dirigeant dans le monde (et un des rares dans son propre parti) prêt à soutenir publiquement les prétentions de Bush à leffet quil y aurait des liens entre al-Qaïda et Saddam Hussein. En fait, après avoir été critiqué par la presse américaine pour sêtre fait attraper à conter des mensonges grossiers, Bush a simplement relégué cette question à ses proches conseillers.

Sans doute pour éviter dêtre accusée de la même façon, la conseillère à la sécurité nationale Condoleeza Rice, a préféré mentir plus subtilement : « Il ny a pas de preuves jusquà présent mais nous en apprenons de plus en plus à chaque jour. » Auparavant, elle et le Secrétaire à la défense Donald Rumsfeld avaient essayé de lier « la guerre au terrorisme » à la guerre en Irak, en laissant entendre que le suspect des attentats du 11 septembre, Mohammed Atta, aurait rencontré se­crètement un membre des services de renseignements irakiens à Prague. Or le gouvernement tchèque, qui était la prétendue source de cette information, a déclaré que rien de tel nétait arrivé.

George Tennet, dirigeant de la CIA, a transmis au Congrès américain cette information contraire à celle de Rumsfeld. Mais la réponse de Bush, digne de Alice au pays des merveilles semble bien être « la sentence dabord, le procès ensuite ».

Comme lont fait remarquer plusieurs journaux européens dont Die Zeit en Allemagne et Le Monde en France, « si nous suivions le raisonnement des conseillers américains, voici à quelle conclusion nous pourrions arriver : bien quil ny ait pas de preuves et que nous ne connaîtrons jamais toute lhistoire, en suivant la piste de toutes les incongruités et informations qui ont été lancées à propos de lattaque du World Trade Center et du Pentagone, celles-ci semblent mener beaucoup plus en direction de lestablishment américain et du président Bush lui-même, quen direction de Saddam Hussein. »

Vient ensuite dans larsenal des mensonges américains, celui des « armes de destruction massive » comme casus belli, qui serait la justification pour cette guerre. Selon les admirateurs de Rumsfeld, celui-ci est « obsédé » par lidée que Saddam possède de telles armes. Il devrait pourtant le savoir, puisquil fut personnellement impliqué dans la fourniture darmes chimiques et biologiques à Saddam Hussein à lépoque où les États-Unis soutenaient lIrak contre lIran pendant la guerre de 1980-1988. (Plus tard, comme ce fut révélé durant le scandale « Iran-Contra », les États-Unis ont également fourni des armes à lIran dans le but de prolonger la guerre et de sassurer daffaiblir le plus possible les deux régimes à la fois, avec pour résultat un nombre accru de morts).

Après 40 jours de bombardements et 7 ans de saccages par les soi-disant « inspecteurs de lONU » détruisant à laveuglette toute installation suspecte à travers le pays, il est impossible de croire les déclarations de Bush parlant « dune puissance militaire mettant en danger le monde et notre pays ». La grande puissance militaire (financée et équipée par les Américains et leurs alliés) quétait lIrak a presque complètement disparu. On estime quenviron 100 000 Irakiens ont été tués par les bombes américaines, et un million de plus, dont la grande majorité sont des enfants, sont morts des suites de la décennie de sanctions vicieuses qui a suivi.

Scott Ritter est un ancien officier de la marine américaine, qui a pris part à lentreprise de démolition des installations irakiennes comme chef de « léquipe dissimulée des inspections » de lONU. Il publiait récemment un livre intitulé War on Iraq. Il y déclare que « 90 à 95 % de larmement évolué de lIrak a été détruit ». Il ajoute également que le programme nucléaire et ses installations, linfra­structure de recherche et matérielle qui sy rattache et les laboratoires pour les armes chimiques et biologiques, avaient été détruits jusquau dernier tuyau et jusquà la dernière brique.

Rappelons-nous certains rapports divulgués par larmée américaine durant la guerre du Golfe de 1991 : il était question de troupes irakiennes se disséminant dans des hôpitaux koweïtiens et débranchant des incubateurs pour enfants ; ou encore, lannonce dusines darmes chimiques détruites par les bombes américaines et qui se sont finalement avérées être des usines de fabrication de lait maternisé. Bien quil ait été prouvé que ces infor­mations étaient des mensonges éhontés inventés par les « spin doctors » de larmée américaine, ils ont été acceptés sans broncher par la presse mondiale, particulièrement en Occident. Les règles de ces « spin doctors » nont pas changé. Et les classes dirigeantes continuent dinventer des prétextes, dans lespoir que le contrôle quils exercent sur les grands médias vont leur permettre de faire croire à leurs mensonges, au moins jusquà ce qu-une nouvelle campagne viennent les remplacer.

(Traduction non-officielle)